«La littérature» n’existe pas…

Posted on 6 janvier 2010

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Et je n’adhère pas non plus à la théorie «des littératures» (parce que plusieurs riens ensemble donnent encore un rien).

C’est la définition de littérature comme on l’entend maintenant qui veux rien dire selon moi.

Ça m’est venu comme ça après un an et demi d’étude en littérature.  J’regardais ça et puis,  j’étais incapable de différencier ce qui était littéraire et ce qui ne l’était pas. Anecdote un peu saugrenue mais réellement, je ne le pouvait. Dès lors, pour moi «LA Littérature» n’existait plus. Il n’y avait que des livres, des gens qui les écrivent, des gens qui les lisent et des gens qui en parlent. On a bien tenté de me faire gober l’argument que justement c’était ça la littérature mais au fond de moi il y avait quelque chose qui sonnait faux. comme si LA littérature devait exclure certains ouvrages d’emblé parce que non-discutés, ou non-lus ou si peu. Franchement! Des romans bafoués à leur époque deviennent dans nos années des classiques. Qui connaissaient H.P Lovecraft au moment de sa vie? bien peu: le cercle fermé de ses amis et quelques fous qui lisaient les pages du mythe Lovecraftien. Ou pensons Lamartine qui était le classique ultime de son époque qui aujourd’hui est de moins en moins lu.

Non le littéraire ce voulait le caractère immuable d’un concept beaucoup plus éphémère, beaucoup plus «vide» (au sens bouddhique du terme). Un phénomène déterminé par son impermanence. Dans ma vision de «la littérature» (au sens: des livres, des lecteurs, des auteurs, de la discussion) il n’y avait pas de clôtures déterminant chaques styles ou chaques territoires, il n’y avait que des livres-phares qui guidaient d’autres oeuvres vers elles. Qui se ressemblent s’assemblent et les contraires s’attirent. C’est la règle.

Donc dès ce moment j’ai cessé de voir la littérature comme on me demandait de la voir: Un pigeonnier bien classé et je l’ai vu comme une mer brumeuse où les livres sont des phares qui en éclairaient une partie de la mer sur laquelles ils sont construits.

Franchement plus poétique, n’est-ce pas? On peux pas classifier quelque chose d’aussi volatile que la pensée humaine, ses fantasmes et ses légendes. Pour moi Frank Herbert est aussi « littéraire » que Victor Hugo, v’voyez? Et un livre québécois est aussi littéraire qu’un livre yougoslave ou français.

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