Le radeau de la méduse (suite de l’article précédent)

Posted on 24 mars 2010

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La condition humaine est une chose fascinante. Je vis dans ce terrible petit appartement avec une seule pièce même pas de commodité personnelle. Il faut partager oserait-on dire. Tous les soirs je vois (à mon grand dam parfois) la déchéance et la dégradation d’une poignée de vies humaines. Mon voisin, entre autre, est un alcoolique fini, engourdissant ses malheurs dans la drogue et laissant ses trois télés ouvertes. C’est un musicien, il joue de son harmonica fêlé une poignée de notes faiblardes plus ou moins justes. Le monsieur est bien tranquille, sauf tous les jours du chèque de B.S… vous devinerez pourquoi: temps de refaire les stocks, de fêter, on pourra pour un autre mois complet nourrir les vices, rester au chaud dans l’appart qui perd sa chaleur par les fenêtres.

Ya d’autres personnages dans ce bloc des gens qui se hiérarchisent comme ils veulent parce qu’ils se savent atteint d’une même maladie: La vie. C’est-à-dire qu’ils savent qu’ils ont un p’tit bout de temps à faire sur la terre et qu’aussitôt un autre crapet viendra prendre sa place pour nourrir les vices, payer le loyer. Et jamais ils ne se demandent pourquoi ils ont ce moment à faire sur la terre. Principalement parce que eux, ils n’ont jamais eu à se définir. Y’ont plutôt attendu que la vie les fasses.

Or, la vie, les circonstances elle nous fait comme elle peux. N’a rien d’universel si tous se laissent façonnés passivement par les circonstances et les malheurs. Au mieux on finit à mourir dans un appart minable, au mieux on finit par mourir dans un hôpital minable. Et les vrais détenteurs de l’élite ceux qui, dès la naissance étaient façonnés, finiront au petit soin chez des gens au privé.

On est fatalement mis sous le joug d’une série de hasard et de circonstances sur lesquels notre emprise est si subtil que cela me porte à croire qu’elle est nulle. Étrangement, cela ne me fait pas croire en Dieu. Meh. Mais ça me fait fichtrement plus croire à Darwin!

La condition de toutes l’humanité c’est d’avoir à vivre un bout de temps et de finir complètement différent de se qu’il était au départ. Et ce qui me frappait la dernière fois c’est de voir que certain nageaient à contre-courant. Au lieu d’accepter le sort dès le début ils se battent avec l’énergie du désespoir à se croire des éternels, à croire que leur empreinte est éternelle, qu’ils sont donateur d’éternité à ceux qu’ils gratifient et que cela s’inscrit dans l’ordre naturel éternel des choses. Alors que l’expérience que j’ai des choses me convainc que l’important ce n’est pas de se battre contre l’éphémère mais de l’utiliser comme un tremplin vers non pas une fin qui nous satisfera mais une vie que l’on vit moments après moment d’une manière forte et d’une plénitude totale.

Et que si chacun sur ce radeau qu’est notre condition humaine pagaient dans ce sens là on ira quelque part. (Évidemment)

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