Soi-même, le corps et l’esprit

Posted on 21 avril 2010

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«Regardez le ciel et la terre, et pensez: « Ils ne sont pas éternels »
Regardez les montagnes et les rivières, et pensez: « Ils ne sont pas éternels »
Regardez l’apparence des choses, la prospérité et la beauté des corps, et pensez: « Ils ne sont pas éternels »»

Sutra en 42 articles. (traduit de l’ancien chinois par Jean Éracle)

Une discussion qui a débuté dans mon cours de Langage Visuel 3D est à l’origine de ce que je veux parler ici. Nous discutions à propos de Orlan. Nous et notre professeur discutions du rapport de notre société avec le corps et l’esprit. Du fait que, entre autre, nous verrions le corps comme une fatalité immuable et que l’esprit, lui, serait permutable. Martin Boisseau, notre professeur, nous expliquais, donc, qu’Orlan, dans son travail, inversait bout pour bout ce rapport en disant que le corps est malléable et l’esprit seul matériel de notre identité.

L’opinion n’est pas mauvaise. Prenez par exemple les transexuels. c’est là un exemple probant d’un esprit qui veux modifier son corps pour ressembler à sa vérité, à ce qu’il est intrinsèquement. Et il y a d’ailleurs d’autres exemples: les chirurgies plastiques, la mode, le maquillage, les body-builders, j’en passe…

Le fait que l’on subit tous un peu notre apparence devrait suffir à prouver la démarche d’Orlan et cette assertion que l’esprit est immuable et le corps permutable. Mais je ne suis pas d’accord.

Je ne sais pas si c’est parce que j’ai trop relu mes sutras en 42 articles récemment, mais, en ce qui me concerne, j’affirme que du corps et de l’esprit aucun des deux est immuable. Le corps vieillit, l’esprit s’affine ou se perd. Personne ne peux affirmer avoir la même apparence qu’il y a deux ans ou personne ne peux affirmer être exactement identique dans son esprit qu’il y a deux ans. Peu de choses, d’ailleurs, ne nous changent pas. Le corps n’est ni subordonné à l’esprit et ni le contraire. Le corps et l’esprit souffrent également de la présence de l’un et de l’autre et c’est de cette confrontation, face à notre pertétuelle transformation que l’identité vraie (celle qui ne subordonne pas aucunes parties de nous-mêmes mais les embrassent toutes à la fois) est dévoilée.

J’y méditerai encore, le sujet m’attire.

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