Le pain aux fruits

Posted on 22 mai 2010

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On décide de se faire du pain au fruit. On réfléchit pas. On se dit: «Ouin, ça prend du pain pis des fruits.» J’ajoute: «Pis de la crème Sioux-plaie». T’acquiesces, il faut rendre le mélange homogène d’une manière quelconque. On y va à grand coup de crème 35% ben épaisse, ben grasse. Pis là on sucre, direct avec la canne de sirop d’érable de Mononcle. Au yiable la dépense, c’est NOTRE pain aux fruits. On pense qu’il faut qu’il soit beau, on pense qu’il faut qu’il soit bon, on pense qu’il faut qu’il soit parfait. On sort nos règles comme tante Ginette dans le temps du camp Kéno que ma mère murmure toujours les yeux plein de l’eau du lac. On y ramerait sans bon sens qu’on en trouverait pas tous les ruisseaux ni la rivière. Le lac est ben trop profond dans son coeur de veuve.

On sort nos règles. On avait oublié Mandellbrot.

Je te baptiserai Mandellbrot des pauvres. On se dessinera des lignes obliques imparfaitement irrégulières. On s’écrira «La symétrie du chaos» pour moins cher dans une langue que juste toi pis moi on connaît. Ça nous fera économiser pis on mettrait plus de fruits dans notre Pain aux fruits.

On s’assoit sur les marches de « l’apothicaire » coin St-Jean et Sainte-Geneviève. On fait un salut au soleil pour tous les saints de la ville qui peuplent les rues. On les trouve vraiment vraiment beaux les couples qui marchent sur Saint-Jean mais on respecte plus les célibataires qui se cachent dans les plis de robes de la Duchesse D’aiguillon pis sa rue. C’est pas une Sainte la duchesse mais c’était une donatrice respectable. On lui a construit un dépanneur où on vend la meilleure bière de l’univers entier parce qu’elle vient de chez nous pis qu’elle goûte fort le fleuve.

On revient dans l’apparte, on fait jouer du Nat King Cole en pensant à la rue Saint-Jean pis à ma mère.

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