Le poète qu’ils m’appellent…

Posted on 24 juillet 2010

0


«On a mis quelqu’un au monde, on devrais peut-être l’écouter»
-Un groupe qui se passe vraiment de présentation

«Tiens, c’est le poète qui passe!» qu’on disait lorsque je passais entre les cubicules. «Sti de poète à marde» que j’aurais dû entendre plutôt que de m’illusionner de leur admiration ou encore de leur soutiens. Parce que voilà, voilà la vraie stupidité. Pour eux je suis une nuisance. Je me demande de quoi ils ont peur.

Ils ont peur des mots? De la puissance qu’ils manipulent si aisément? Des lois que je transgresse en apposant des mots sur une feuille. La république populaire du Québec voudrait me faire taire? Moi qui ne suis personne, eux qui sont personnes aussi?

«Le poète» comme une condamnation au rang des fous et de ceux qui passent. Comme ma mère qui parlait de ce poète qui venait à son travail les cheveux défaits, les jeans troués. Qui riait de lui. Un autre clochard au ciel qui remplissait des feuilles noires avec ses deuils. Comme tout le monde. Comme je regrette, comme je regrette, comme je regrette… Comme je regrette de ne pas m’être fâché. Et contre quoi? Contre ma prétention qu’ils ont vraiment les intentions dont je les inculpent? Fâché et soutenir la thèse que je ne suis pas un poète? je suis comme eux, que moi aussi j’ai renoncé à mon droit de parler? Où ça ira la prochaine fois? Une condamnation parce que je traite de propos disgracieux dans un magazine public? Qu’un employé ne devrait pas être triste «que je devrais me sentir privilégié que le gouvernement paye mes études» parce que oui, le gouvernement est vraiment en train de faire des pertes considérables en donnant de l’argent à un artiste de ma trempe?

Le poète… Et je dois supporter ça tous les jours? Ce sera mieux que devoir me voir comme mort tous les jours dans un cubicule. Je dis mort parce qu’il ne devrait avoir que les morts qui devraient se taire… Non, on est pas tannés de mourir, bande de caves que nous sommes, en définitive.

Publicités