L’angoisse s’eccoeure au ventre

Posted on 15 septembre 2010

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Je vomis des tas de peintures vertes sur une toile noire. 24 pouces par 24 pouces. Que je barbouille à la spatule, que je triture au couteau à (dé)peindre. Ça va pas bien. Ça va jamais bien. Ça va toujours comme si j’étais malheureux, ou empreint d’une tristesse qui se greffe à mes organes, comme une espèce de maladie congénitale de la déprime, comme… de l’angoisse qui s’eccoeure au ventre… et qui bouche mes pores, bouche mes artères et me prive d’une jouissance d’être, de respirer, d’exister, de oui ici maintenant en ce moment tout est probable que mon existence est une chose palpable et incassable.

Mais non, l’angoisse. Moi c’est l’angoisse, c’est elle qui est partout. Qui coupe ma circulation dans le monde et qui me laisse vagissant et expirant sur le plancher de mon non-salon (de ma non-cuisine, de mon non-atelier, de ma non-salle-à-coucher, de mon tout-ça-à-la-fois). Je n’ai plus faim. Donc je ne mange plus ou presque plus. Je mange de la soupe. Cette fois les angoisses atteignent des proportions qu’elles n’avaient jamais eues. Ça m’angoisse d’être angoissé. Ça m’angoisse de penser que je n’arriverais jamais à rien faire de bon. Je poste des lettres dans le vide en espérant qu’elles me reviennent, pour me convaincre que personne ne m’oublie.

Je n’ai pas ma place là où je suis. J’ai ma place nulle part. Je suis un échec total sur toute la ligne. Personne n’a voulu me le dire, les hypocrites. Personne n’a eu le courage de me le dire, les poltrons. Je n’ai pas eu la lucidité de m’en rendre compte, illuminé que je suis.

Aux suppliciés
(pour qui) Le café
Ne suffit plus.

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