Des bonnes nouvelles d’une nouvelle & Borduas

Posted on 25 octobre 2010

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J’suis content. J’avais attendu longtemps cette parution. Faut dire, y’a eu des délais et puis tout (les joies de l’imprimé…)

Enfin en furetant leur site ce matin que j’ai vu qu’enfin le Fanzine Katapulpe #10 (Fumée) allait sortir le 18 novembre prochain. Ça tombe bien que je vous en parle parce que, en plus que je suis fan fini de ce papier depuis le tome 1 (2007), il y a une nouvelle que j’ai écrite dans ce tome (enfin, selon ma boite courriel que je soupçonne encore de m’avoir joué un mauvais tour). J’ai très hâte de voir le produit fini, ça me stresse un peu… en fait pas mal. Surtout que la nouvelle en question elle est un peu sombre et un peu vaporeuse et crasse… Bref  j’m’essayais dans un « nouveau style » pis ça l’air que ça me sied bien… (puisqu’elle a été retenue contrairement aux 3 autres fois… tsé 1+1=2)

Paul-Émile Borduas (1905-1960)

Je me suis mis récemment à lire un livre qui receuille plusieurs textes du peintre et professeur Paul-Émile Borduas, Professeur à l’école du meuble, on le connaît (surtout mais) entre autre pour avoir initié le Mouvement Automatiste au Québec et pour avoir été le rédacteur de leur manifeste le Refus Global. J’avais lu une partie du manifeste dans mes cours de Français 3 au cégep mais j’étais loin de m’imaginer la portée de ce texte lu dans son entier. Ni d’appréhender, d’ailleurs, sa nécessité…

Faut remettre en contexte… C’est en 1940 (manifeste publié en 1948). Un contexte d’après-guerre un contexte de duplessisme et d’obscurantisme profond. La société québécoise de cette époque était nécrosée, encrassée, engluée dans la cire des cierges d’églises et l’art de l’époque encadré (et seulement ça). Puis il y a eu ce groupe, (il faudrait dire deux groupes en fait, il ne faut pas oublié de Prisme D’yeux) ce groupe qui avait le Refus Global comme étendard. Non, ça n’a pas fait de bruits. Le manifeste n’a, de fait, pas eu grand impact immédiat (sauf de très facheuses comme la « démission » de Borduas, démission plus proche du renvoiement). C’était un texte écrit pour la postérité, pour les générations à venir! Un texte qui s’attaque à tout qui REFUSE globalement ce vers où la société glissait tranquilement et presque irremédiablement dans sa petitesse. Il se refusaient à faire des oeuvres petites alors que tout l’univers artistique autour d’eux était effervescent.

«Des oeuvres révolutionnaires, quand par hasard elles tombent sous la main, paraissent les fruits amers d’un groupe d’excentriques. L’activité académique a un autre prestige à notre manque de jugement.

Ces voyages [à l’étranger, Paris] sont aussi dans le nombre l’exceptionelle occasion d’un réveil.

L’inviable s’infiltre partout. les lectures défendues se répandent. elles apportent un peun de baume et d’espoir.

Des consciences s’éclairent au contact vivifiant des poètes maudits: ces hommes qui, sans être des monstres, osent exprimer haut et net ce que les plus malheureux d’entres nous étouffent tout bas dans la honte de soi et de la terreur d’être engloutis vivants. Un peu de lumière se fait à l’exemple de ces hommes qui acceptent les premiers les inquiétudes présentes, si douloureuses, si filles perdues. Les réponses qu’ils apportent ont une autre valeur de trouble, de précision, de fraîcheur que les sempiternelles rengaines proposées au pays du Québec et dans tous les séminaires du globe.

La frontière de nos rêves n’est plus la même.

Des vertiges nous prennent à la tombée des oripeaux d’horizons naguère surchargés.

La honte du servage sans espoir fait place à la fierté d’une liberté possible à conquerir de haute lutte.

Au diable le goupillon et la tuque!

Milles fois ils extorquèrent ce qu’ils donnèrent jadis.

Par-delà le christiannisme nous touchons la brûlante fraternité humaine dont il est devenu la porte fermée.»

-Paul-Émile Borduas, Refus Global

C’est fort… c’est très fort. Mais tout le monde l’oublie. Je sais pas pourquoi j’ai l’impression de retomber dans une seconde periode noire… Je sais pas on parle de montée de la droite (ce qui en soit, n’est pas négatif sauf que la droite… ben c’est les dictatures quand on pousse à l’extrème et c’est pas très accomodant envers les artistes… j’ai de quoi m’inquiéter.) Je suis née dans une periode de dépression sociale j’pourrais dire (ça va empirant) et j’ai jamais connue une periode de « peak » j’peux pas comparer.

Peut-être que toutes les époques sont sombres… mais messemble que ça vaut la peine d’essayer de s’en sortir comme d’autre on essayé de faire. J’ai pas le goût de peindre des toiles pour « vendre » j’ai le goût de peindre les choses qui m’habitent et qui me dévorent… C’est ça la grosse joke: à la limite j’comprend même pas l’expression « toile qui se vendent » ou « texte publiable » j’ai juste envie d’être honnête…

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Posted in: Art, Écriture