Ici m’habitait

Posted on 17 janvier 2011

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Et pendant que je portais ces boites d’un ici à un là j’ai oublié de lui dire au revoir, de le saluer cordialement ce lieu. De le remercier pour le toit, de le remercier pour sa solitude. De le remercier pour mon flottement au-dessus de toute la ville et de la vue immense que j’y avais de ma propre faiblesse. Le vertige qui me prennait à chaques entrées de par le kaléidoscope des trois grandes fenètres ouvertes sur l’infini et des îlots de fumés.

La matin où je suis parti, l’incinérateur  avait fait tous les nuages dans le ciel. C’était tôt, le soleil était jeune. Je me rappellais l’étrangeté de notre place dans l’univers. Juste à la bonne distance de ce soleil pour ne pas cramer ou geler, avec une lune assez grosse pour provoquer les marées, une activité sismique et géologique assez intense pour réchauffer et l’atmosphère don de cette géologie puis don de la vie elle-même pour se maintenir. Le magnétisme. L’incinérateur avait tissé un ciel comme aux premiers balbutiements de la vie. Natura non facit saltum.

Darwin n’avait pas tort. La nature n’a jamais avancée par bonds.

Quand l’on eut eu vidé toute la pièce, qui m’habitait. Il restait mes deux plantes et rien de la trace de mon passage. (Ou presque… ou presque). Il y avait bien cette trace de main sur le tapis que j’avais malencontreusement faite avec ma peinture jadis. Jadis peut-être il y a trois mois (ou plus exactement: Il y a si longtemps que j’avais l’impression de m’enfoncer en y pensant).

Et Sainte-Geneviève (la Côte) qui commençait seulement à se dévoiler à moi alors que je quittais.

Je m’acclimate à un autre souffle.
L’existence est ailleurs moins volatile.

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