L’eau fraiche

Posted on 14 février 2011

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«Il y a sous le ciel 19 choses difficiles:
C’est difficile de distribuer de vêtements quand on est pauvre
C’est difficile d’atteindre l’Éveil suprême quand on est riche
C’est difficile de contrôler sa vie et de ne pas mourir
C’est difficile de lire les livres du Bouddha
C’est difficile de rencontrer un Bouddha dans sa vie
C’est difficile de résister à la beauté et d’abandonner le désir
C’est difficile de recevoir quelque chose de bon sans le demander
C’est difficile de posséder des richesses sans s’y attacher
C’est difficile de recevoir des outrages sans se mettre en colère
C’est difficile de s’occuper des affaires sans avoir de soucis
C’est difficile d’aller au fond des choses quand on veut tout savoir
C’est difficile de ne pas mépriser les ignorants
C’est difficile d’annéantir le « Moi Je » vaniteux
C’est difficile de rencontrer un homme de bien et un sage
C’est difficile de voir la nature et le chemin de la connaissance
C’est difficile d’atteindre une position et de s’y maintenir
C’est difficile d’amener les êtres à conformer leur vie à la Voie
C’est difficile d’établir son coeur dans la sérénité.
C’est difficile de ne pas affirmer et de ne pas nier»
-Bouddha

Si l’on fait ce choix du grand poème perpetuel ce n’est pas pour la gloire. Ce n’est pas à cause des fanzines. Ce n’est pas à cause de la culture qu’il y a autour. L’on ne choisit pas, finalement, le grand poème perpetuel de nos existences. C’est un peu lui qui le fait. Sonnons cliché. On choisit d’inscire dans l’intime de notre existence un leitmotiv ineffable de dire et de faire. Parce que c’est ça, en bout de ligne qui motive de s’y laisser mourir. Parce que c’est vraiment ça. On ne vit pas de ce genre de chose ici, on s’y immerge et on s’y noie trainé par un courant.

Écrire, c’est avant le tout le Fleuve . Ce soir j’assume combien surfaite est cette image. Puisqu’elle est vraie (pusiqu’elle m’est vraie). 4°C l’eau du fleuve en été. C’est ça quand on dit: Vivre de poésie et d’eat fraiche. C’est la douleur perpétuelle puis à la fin de tes jours la grande plongée dans le courant? Est-ce vraiment cela?

Ce soir c’est plutôt difficile d’assumer les choix, d’assumer que j’ai 21 ans. Que je n’ai encore rien réalisé. Saint-denys garneau avait déjà publié un recueil à cet âge. Je ne suis pas, manifestement de cette trempe. Je n’ai rien choisi. Ou plutôt tout a choisi. Moi et l’autre moi qui réside dans un réduit quelque part dans mon crâne.

Cette entrée ne changera rien au fait que ce soir, c’est difficile de me voir, avançant à tâtons dans un univers chancelant, complètement aveugle devant tant de lumière.

Je me plonge dans l’eau fraiche.

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