S’appartenir

Posted on 20 février 2011

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+++Ceci n’est pas un billet à propos de la religion

 

Natura non facit saltum

l’Autre

Ceci est plutôt à propos d’une réflexion entamée par rapport au rapport au religieux (lire: Divin) et d’une question qui, subséquemment, me harcèle lorsque, bien sûr, un tel sujet est mis sur la table et qu’on en discute. Il faut, je crois, d’abord rappeler ce que celà peux vouloir dire de « s’appartenir ». Sommes-nous tout-à-fait en contrôle de la totalité de nos choix? Auparavant, n’importe quel humain aurait d’emblée vue cette question sous l’angle du Religieux (lire: Divin) et aurait d’office répondu: «absolument pas, nous appartenons à Dieu». C’est qu’il y cette impasse quand on se met à cogiter sur notre existence et la fin de celle-ci. Là où la religion doit se tromper c’est sur la permanence de notre âme et la persistance de nos actions sur la terre. Un homme seul engendre un mouvement et tout le reste, suivant une suite aléatoire de révolutions et de permutations se mute lentement en Autre (notez la majuscule). L’Autre est l’idée qui me semble la plus proche de ce que nos anciens nommaient «Dieu» ou «Divin». L’Autre c’est en fait l’aboutissement* d’un processus permanent de lentes transmutations des idées, des possessions, des sociétés et des hommes. Dire: «Ceci m’appartient» est alors assez vague. Parce que, en effet, lorsque l’on considère que tout fait partie cet Autre comment pourrions-nous posséder un élément qui fait parti d’un aussi grand cycle dont l’aboutissement* nous échappe? À l’extrême l’humanité elle-même devient Autre (même si, et j’y reviendrai, que celle-ci tente de s’y soustraire). Les Grecs lorsqu’ils réfléchissaient au Bon, au Beau au Juste arrivait à cette impasse dans le raisonnement: ou allons-nous? C’est là la question fondamentale de l’humanité. Et en désespoir de trouver l’homme invente Dieu, l’Argent, le concept de Hasard, les sépultures, l’écriture (pour se soustraire encore à sa fin), l’art, la science, mais surtout il met en place un concept de possession et d’échanges. C’est principalement de celà dont il sera question dans ce billet.

Appartenance

L’homme s’appartiens-t-il? C’est une question intéressante sur laquelle se pencher nécessite un certain recul. Il serait facile, voire cliché, de dire non ad nauseam sans tenter de nuancer son propos. L’homme s’appartiens jusqu’à un certain point. Il a ses choix et son action peux entrainer une modifications des forces mises en place dans un contexte donné. L’homme fait partie intégrante de ce que plus haut je nommais l’Autre (notez la majuscule). Il en est une des forces dynamique, un principe actif dans la lente translation qu’effectue l’existence à partir d’une réalité vers une autre réalité. Des créations de l’humanité l’idée de «Posséder» est peut-être l’idée la plus complexe et la plus ambiguë. L’homme voit à sa survivance comme une bête le fait, mais en plus l’homme est continuellement fasciné et angoissé par sa fin dont il y a la capacité d’anticiper (ce qu’une bête ne fait pas). Dans cette sempiternelle quête de sens, de définitions et de compréhension posséder des objets, des services et des gens procède de grappillage et d’outillage pour préserver sa fin. Un singe ouvre se fruit avec cette pierre parce qu’il a faim, L’homme ouvre SON fruit avec SON outil pour SA survivance. C’est une différence grammaticale mais analyser le sens profond et tout ce que celà implique au niveau des idées. L’homme considère qu’il s’agit là d’un fruit qui lui appartient, qu’il ouvre avec son outil adaptée parfaitement à la tâche et qu’il considère siens par processus d’achat ou de création dans le but de quoi? De ne pas voir sa fin arriver. Le singe lui n’a vu que le fruit, la prit puisque personne d’autre l’avait pris et la ouvert avec une roche (ç’eut pu être n’importe laquelle en autant qu’elle ait les caractéristiques requises) et l’a mangé parce qu’il ressentait sur le moment une faim l’assaillir. L’homme ne mange pas nécessairement parce qu’il a faim mais parce qu’il anticipe ce moment advenir. C’était ainsi bien avant le troc et l’argent. Le vol et l’achat est d’ailleurs symptomatique de cette problématique: l’homme considère une chose meilleure (ou plus adaptée) pour sa survie alors il la prend. (Le vol et l’achat est bien sûr beaucoup plus complexe que simplement ça. Rousseau disait que le premier homme a délimiter un territoire et affirmer que ceci était son territoire était le premier homme à dénaturer sa race. Il n’avait pas tout à fait tort, mais en même temps, le mal était déjà fait. Posséder un territoire n’est pas différent que posséder un outil ou posséder un fruit. Il s’agit là, encore, d’une instrumentalisation de l’homme pour se préserver.

Mais, dans l’absolu. Ces possessions sont-elles réellement nôtres? Ou, à l’instar des hommes, des bêtes, des végétaux et de l’inanimé ne font-ils pas partie intégrante de l’Autre comme je le décrivais plus haut? Je serais tenté de dire oui, même assurément oui. D’ailleurs, un instrument est facilement remplaçable (signe que l’Autre à suffisamment changé pour rendre cet instrument désuet) et est facilement volé. Le concept même d’appartenance des objets est purement idéologique et n’est existante principalement que chez l’homme.

Parler de l’appartenance de l’homme à lui-même revient à demander si l’humanité fait partie du Tout, de l’Autre ou de l’Univers. Bien sûr, la réponse semble couler limpide de source: Non, l’homme ne s’appartiens pas entièrement. Comme il en va pour toutes les choses à différents degrés.

J’avais émis l’hypothèse que nos choix ne nous appartenant pas intégralement. je crois toujours cette assertion juste et vérifiable. Choisir se fait dans la nécessité et dans la peur de s’éteindre. Même les décisions les plus rationnellement réfléchies ne se font pas sans soupeser les facteurs de risques. C’est normal**  de le faire. Et ainsi l’homme limite le champ des possibles de ses actions par ses préoccupations nécessitaires. Alors que tout peux potentiellement se produire dans l’Autre, l’homme lui se regarde et se définit de par ses nécessités intrinsèques (Qui suis-je, où vais-je, comment me préserver). Il y a certains hommes, par contre, qui entrevoient leur choix selon une foi profonde en ce qui peux potentiellement ce produire dans l’Autre, ils sont perçu par les autres comme des fanatiques, des pieux, ou des inconscient alors qu’ils sont simplement des hommes qui ont entrevus où cette quête de survivance et de possession mène.

Le problème de l’héritage.

Le problème est que les ressources ne sont pas inépuisables (Assertion facile, je sais). Mais, surtout que, à l’extrême rien de ce que nous avons ne nous survivra et nous ne survivront pas à ce que nous avons. Dans l’absolu, tout sans exception est voué à devenir autrement. Nous léguons à nos enfants des possessions dont ils n’ont pas (ou peu) besoin puisqu’elles ne sont ni les nôtres ni les leur puisqu’elles appartiennent au Tout. L’héritage est une réponse à l’angoisse: que restera-t-il de moi après moi. Alors que bien entendu, dans les faits, il ne reste rien de concret du passage d’un homme sur cette terre, sauf ce qu’il a changé à l’Autre. Et ces ténus changements, bien sûr sont amenés à, elles aussi, graduellement s’effacer au profit de d’autres changements et ainsi de suite pour la continuité des choses.

Alors, la question elle-même de survivance devient-elle désuette? Pas nécessairement et c’est là la nuance qu’il faut faire. L’homme, la bête et les choses voient à ÉVOLUER avec le courant lent des transformations et c’est là son rôle, s’il en a un, de lui aussi faire parti de cette mouvance perpétuelle. Bien des gens vivent, après s’être acclimatés du monde de consommation et du non-sens de posséder, une espèce de crise existentielle. Ils se demandent, comme tous les hommes où ils vont, qui ils sont et quels moyens ils ont mis en oeuvre pour assurer de vivre conformément à tout celà. Et, bien entendu, ces gens là voient qu’ils n’ont pas su répondre vraiment*** à leurs angoisses profondes. Ils plongent, les uns dans un cynisme  et les autres dans une quête éperdue de sens en tout ce qu’ils ont fait alors que la solution est souvent le dépouillement et l’acceptation joyeuse de ce qui peux potentiellement arriver. La vie (notre vie) et ce que l’on fait avec est la seule chose qui en définitive nous appartiens, et nous l’avons pour un temps déterminé par un début et par une fin. La conscience de cette fin cause les plus grandes angoisses mais, en dépit de celà, c’est ce qui est sain avec savoir que l’on mourrera: savoir cela permet un détachement suffisant pour agir et faire de nos actions une chose intrinsèquement significative sans se soucier de se déposséder, puisqu’en définitive la vie les choix ne peuvent pas être volé ni acheté sans notre consentement.

(Il y aura quelques autres billet autour de cette thématique à venir.)

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*Je dis ici «aboutissement», mais ce n’est pas le mot exact qu’il eut fallut employer n’existe pas en français. Il s’agit d’une atteinte d’un stade latent dans ce principe dynamique de l’Autre continuellement en mouvement.

** Prendre ici ce terme dans le sens: est une norme, est normatif

*** Adverbe de Vrai, de manière Vraie

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Posted in: Méditation